mardi 24 novembre 2009

La chimie m'empêche de ressentir
pas d'envies, pas de peines
le temps se pause en une longue réflexion sur ces années qui viennent de s'écouler.
Un instant d'éternité où je rentre dans la mortalité d'un présent au passé passé et au futur tranquille.
Oublier le superflus et comprendre (accepter) que la vraie richesse n'est faite que du simple bonheur quotidien.
Sans plus.
S'éloignent de moi Héloïse Emma et les autres...Mais la sage Héloïse me manque. Elle qui a connu ce qui lui a permis de devenir sage.....Et cependant en y réfléchissant je me suis peut être plus rapprocher d'elle que je ne le pensais.
Me voilà artificiellement dans un sas aux portes d'embarquement pour la grandeur dans la disparition de mes ambitions. Ne pas renoncer mais transformer...
Difficile.

lundi 19 octobre 2009

Sous blog

Comme j'avoue ici une passion pour le cinéma , les séries et tout ce qui s'image et qui s'anime, je vous propose de découvrir ma passion sur un sous blog :



Vous y retrouverez mes "critiques" et mon regard sensuel que je laisse trainé sur le 8mm....

mercredi 7 octobre 2009

Le tilleul partie III et fin.




-attends, Marceau, j'ai un aveu à te faire avant : je suis malade, j'ai une maladie au coeur . Je suis revenue ici pour retrouver ton souvenir car lui seul m'a suivit et m'a aider dans mon combat. Maintenant , je n'ai plus d'espoir mais si tu acceptes alors je partirais avec la plus heureuse des vies accomplies. 
Un silence, un néant s'installe , la retrouver pour la perdre....
-J'accepte.

Comme cette acceptation lui parait si loin maintenant. L'année qu'ils ont vécu fut si riche de tout ce que les simples bonheurs peuvent apporter. Il se souvient de noël et de cette nuit aussi blanche de neige que de leurs étreintes, il revoit la Kermesse de l'école et Angèle habillée en Bécassine.IL revoit ces derniers jours à l'hôpital où elle n'a jamais perdu son sourire pour lui....La neige commence à tomber. Marceau ferme alors les yeux et décide de se souvenir du plus bel instant qu'ils ont vécu. Ce sera son adieu, son hommage. Entre les larmes qui sillonnent ses joues , ses lèvres s'entrouvent et il repart encore une fois dans le passé...

Il sont allés chez lui après cette longue discussion sur le banc. Ils se sont réchauffés quelques instants et Marceau proposa d'allumer la cheminée. Angèle accepta et s'installa sur le canapé pour l'observer tranquillement pendant qu'elle continuait à babiller sur tout et rien de ces 30 ans passés loin de lui. Lorsqu'il se retourna vers elle, elle comprit que le temps des souvenirs était finit. Son regard s'était assombrit , son sourire avait disparut . Il s'approcha d'elle tel un félin à l'affut à 4 pattes et vint se placer devant elle à genoux. Il avait les yeux rivés à sa bouche . Il s'en approcha mais ne l'éffleura même pas.Ses doigts dessinèrent le contour de son sourire, puis délicatement contournèrent sa joue pour allez se promener vers son front et delà disparaitre dans ses cheveux chauds et épais. Ils s'y emmêlèrent , y jouèrent avec des boucles rebèles, redescendirent le long de mèches blondes et s'attardèrent sur sa nuque cambrée. Pendant ce temps ses lèvres laissaient échapper des soupirs au coin de la bouche  légèrement entrouverte d'Angèle. Il la taquinait l'appâtait puis s'éloignait de quelques millimètres, revenait plus près , elle devinait son frôlement et sa respiration devenait saccadée...Elle n'en pouvait plus. Elle happa son baiser, enveloppa ses lèvres des siennes, devint exploratrice de sa bouche , osant parcourir son visage du bout de sa langue. Elle sentait les amars de sa pudeur se rompre. Elle avait su depuis si longtemps que lui seul pourrait l'atteindre. Elle l'avait enflammé? Il se déchaina.Il commença par arracher ses vêtements . Elle pu découvrir qu'il était certainement très sportif. Puis il chercha avec impatience à la déshabiller mais ses mains refusaient de lui obéir et les délicats boutons de son corsages furent arrachés par la folie qui s'étaient emparée de ses sens. Lorsqu'elle fut nue il la contempla un long moment . Il était d'un seul coup redevenu timide n'osant pas réaliser qu'elle était là, à lui, pour lui....enfin....C'est donc elle qui s'avança vers lui.Elle commença par son torse , y déposa la moiteur de ses effleurements, les caresses de ses doigts.Ne pouvant se tromper sur son désir, elle contourna délibérément son sexe comme il avait fait pour ses lèvres. Il avait fermé les paupières sur les sentiments dévastateurs de sa chair. Il se laissait faire , toujours à genoux l'un face à l'autre , ils firent atteindre la limite de l'attente à leur amour si longtemps éloigné. pendant de longues minutes , ce ne fut plus que fusion de leurs sentiments , flamboyement de leur passion mise à l'épreuve de tous leurs sens. Ils apprenaient leur leçon sur le corps de l'autre, son odeur sa plastique sa chaleur, son électricité....Enfin elle vint se poser sur lui, dans une infini douceur pour ne pas précipiter l'aboutissement de leur retrouvailles. Le suplice était fort mais Marceau sut se contenir, pour Elle, pour Elle qui était la pièce manquante de son puzzle intime, celle qui s'adapte parfaitement à sa masculinité. Elle était tellement vivante, et si tendre. Elle se mit lentement à bouger décrivant de petits cercles avec ses hanches aidée par le pivot sur lequelle elle s'était avec délice empalée. Marceau cherchant à se concentrer sur autre chose afin de lui procurer le plus de plaisir, s'était dirigé sur sa poitrine encore ferme et tendue vers lui. C'est avec gloutonnerie que sa bouche se refermait sur eux provoquant des décharges dans tout le buste d'Angèle . Elle aima cela , elle était prête pour lui, faite pour lui. Elle pris ses mains, les posa sur ses hanches et dans un gémissement commença à accélérer le rythme. Il comprit sa demande et l'aida à prendre le rythme et le mouvement avec lequel ils pourraient se libérer enfin de leur souvenir d'enfant et devenir ces adultes passionnés qu'ils avaient toujours gardés secrêtement l'un pour l'autre. Le don d'eux même fut total. Aprés avoir laissé s'éssoufler le râle de leur jouissance, Marceau, blotti dans les bras de son aimé pleurra en llongs sanglots silencieux. Elle le berça tendrement , comprenant que le compte à rebourd avait commencé, elle lui fit promettre que la prochaine fois qu'il pleurrerait , elle ne serait plus là............

Marceau pleure, enfin, les larmes roulent encore et toujours sur ses joues. Elle n'est plus là.elle est repartie de sa vie, lui ayant offert le plus beau cadeau du monde. Elle, son amour immense et une année de bonheur extrême.Vivre sans elle? Elle l'a tant préparer à transmettre leur message de vie qu'il sait qu'il le pourra mais jamais plus il n'aimera. De retour à l'école quelques temps plus tard, Marceau grava sur le tronc du tilleul leur deux noms dans un coeur. Aussi enfantin que cela puisse paraitre, ce geste lui permis d'avoir le sentiment qu'elle était toujours auprès de lui...






dimanche 4 octobre 2009

Le tilleul partie II



Les mois s'écoulent jusqu'aux vacances d'été. Le très jeune couple a été accepté par tous les enfants comme la chose la plus naturelle du monde. Ils mangent l'un à côté de l'autre à la cantine, ils rentrent ensemble chez eux, ils s'écrivent pendant les courtes vacances scolaires.Leur bonheur est simple : se tenir la main, se sourire, rire ensemble et parfois s'embrasser en cachette derrière la poste du bourg...Mais si les enfants sont sensibles et respectueux , les adultes sont des juges et des dictateurs. L'amour de Marceau et Angèle les a dérangé et ils vont les séparer. Marceau partira chez ses grands parents pour toute sa scolarité.
Les adieux sont déchirants et se déroulent dans les toilettes de la cour . Ils pleurent et ne prononcent aucun mot. Serrés l'un contre l'autre , leur petit coeur à l'unisson d'un sentiment qui les dépasse, Il leur est impossible de se séparer. Marceau lève doucement sa main vers le visage d'Angèle, lui carresse la joue pour essuyer ses larmes, une immense boule de chaleur envahit son ventre. Il se penche sur ses lèvres et les pressent contre les siennes. Mais Angèle entrouve sa bouche et sa jeune langue vient chercher la sienne. C'est bon, c'est comme un caramel...c'est si fort... La maitresse en furie les arrache l'un à l'autre . Pendant encore quelques instants, leurs yeux échangent tout cet amour qu'ils n'ont pas encore réalisé , toute la souffrance de ce froid déjà installé en eux et surtout la promesse d'une éternelle pensée vivante de Marceau en Angèle et d'Angèle en Marceau.

Il descend du 4x4 et ne rentre pas de suite . Il relève son col et se met à marcher en direction du bois....

Il est arraché à sa vie, à son amour, il n'a plus de nouvelle d'elle du jour au lendemain. Il se laisse aller pendant un an ne travaille plus en classe...Puis il grandit peut être plus vite grâce à ses sentiments. Il comprend qu'il ne doit pas aller dans ce sens si il veut la revoir. Il travaille mieux à l'école et choisit d'être instituteur. L'école normale finit il part à travers le monde avec des ONG pour aider les enfants sur des terrains hostiles à leurs rêves . Il a 27 ans lorsqu'il revient en France. Il peut choisir un poste de titulaire si il le souhaite. Il hesite longuement et demande le poste libre de l'école de Longwy. Il n'y est jamais retourné là bas, à l'école...Elle n'a pas changée, un peu de modernité du côté des toilettes, un rafraichissement des murs mais elle est comme dans ses souvenirs et le tilleul offre toujours son ombre aux écoliers joueurs. Il s'installe dans la maison de ses parents décédés dans un accident de voiture en 1982, retrouve les voisins d'antan, mais plus de trace d'Angèle. Son père était dans la banque et travaillait au Luxembourg à l'époque , il avait donc été muté dans une succursale mais personne ne se souvenait où. Il vit avec son chagrin depuis si longtemps, aucune femme ne lui a repris son coeur. Et ses quelques expériences sexuelles ont été un désastre car l'image d'Angèle s'est toujours interposée. Seuls les enfants lui apporte un réconfort. avec eux il retrouve son aimée, cette fraicheur de pensée et de sentiments si vrais.Il fait sa première rentrée et devient pendant presque 10 ans l'instit globetrotteur qui va enthousiasmer toute une génération d'élèves par des récits incroyables de migration de buffles au Tibet où par la crue du Nil en photos orangées et en diapositives.Jusqu'à cette rentrée, il y a 1 an....

A l'entrée du bois il y a un banc. Marceau le connait bien. Il y a un an il est resté assis dessus pendant presque 6 heures. Il s'en souvient si bien.

2008, lundi 25 septembre. Marceau est toujours heureux de reprendre les cours et retrouve sa classe avec un grand plaisir. Il a les CM1 comme d'habitude. Les enfants sont passionnants à cet âge : ils quittent l'enfance, deviennent sérieux mais concervent cette trace de tendresse et de beauté d'un âge qui ne revient pas et où la vie est si belle. Marceau passe la main dans sa frange hérissée et se demande à quoi va ressembler sa nouvelle collègue, Madame Périgneau étant partie en retraite à la fin de l'année dernière. Il s'affaire pendant environ 2 heures dans sa classe puis traverse la cours pour rejoindre la salle des instituteurs afin de prendre un bon café avec une goutte de crème et ainsi peut être entrevoir la nouvelle recrue. Arrivé à la hauteur du tilleul, il stoppe net. Son coeur s'emballe, ses jambes le lâchent, il s'appuie contre le tronc de l'arbre et ressent comme une perte de conscience . Il repart presque 30 ans en arrière...Les rires des gamins, l'odeur du cartable neuf, et ce préau...Elle... Ce n'est pas possible, sa raison lui joue des tours. De toute façon à chaque rentrée il a ce pincement à l'âme. Mais alors, qui est elle? Il disparait quelque instant à la vue de ses collègues et comme il y a si longtemps il prend le temps de retrouver sa respiration et son calme. Puis il se dit qu'il est un grand garçon et se sourit à lui même. Il contourne l'arbre et se dirige vers le préau. Madame Bréat le hèle :
"- Marceau venez que je vous présente notre nouvelle institutrice de CP!" . PLus il se rapproche, plus le malaise s'amplifie. Elle se retourne . En le voyant , elle ouvre de grands yeux et perd connaissance. C'est elle! Marceau se précipite, la prend dans ses bras , il pleure, il est angoissé, elle rouvre les yeux.....
"-Je ne savais pas que tu étais là.....sinon je serais revenue avant..." puis elle reperd connaissance. Ils l'ont transporté dans la salle des maitres et les pompiers sont arrivés. Pour rien. Lorsqu' Angèle retrouve ses esprits , elle va tout de suite mieux. Ses joues sont roses et le temps n'a fait que souligné la profondeur de son regard à nouveau étincelant. Elle prétexte un été un peu surmené et enfin , ils se retrouvent seuls. Enfin, ils se retrouvent...sans jamais avoir vraiment cherché. Les questions simples comme pourquoi? quand? sont tellement chargées de réponses qu'ils préfèrent se donner rendez vous sur "leur" banc( "tu te souviens?") après la fin de la journée. Et elle est longue cette journée Marceau est fou! il trépigne, n'avance pas dans son travail, rigole....Arrive l'heure de courir vers le bois, elle est là déjà! Ils sont gauches se serrent les mains se regardent si fort...Elle lui raconte son tour du monde avec son père dans le luxe et la richesse, il lui raconte ses voyages pleins de sourires sales et de paires d'yeux rieurs. Dans la douce fin de journée d'aout ils oublient le temps et l'heure. Il note tout de suite son premier frisson. Il lui propose de venir chez lui, c'est si près et ils ont encore tant de choses à rattraper...

mercredi 30 septembre 2009

Le tilleul partie I


Marceau a 38 ans. Il est vêtu d'un jean , d'une vielle veste en cuir chocolat et d'un pull noir raz du coup. Ses cheveux poivre et sel encadre un visage beau et mat où une barbe mal rasée redessine les fossettes longilignes de ses joues. Il vient de sortir de l'hôpital. Personne ne l'accompagne. Il monte seul dans sa voiture, un vieux land cruiser à phares ronds. Il se met au volant, démarre la voiture et fait sa manoeuvre pour sortir du parking, tourne à droite le long des quais et prend la direction de l'autoroute. Quand il y sera il pourra rouler , rouler, rouler, partir loin, loin , loin de ce vide.....
Il y a 30 ans , Marceau rentre au CE1 à l'école de Longwy , petit village à la frontière Belge. Il n'a pas peur, non car il connait tous les enfants du village, il a joué tout l'été avec eux à la guerre dans les bois qui mènent en Wallonie. alors c'est avec son cartable tout neuf en cuir , ses chaussures neuves et son pantalon de semaine que lui a cousu sa maman qu'il rentre fière, affichant un sourire éclatant entre la parenthèse de ses fosettes incroyables. Dans la cour de récréation l'attend Philippe et Benoît avec qui il a grandit . Mais Benoît et Philippe ne le regardent même pas! Ils ont le regard figé sur le fond du préau.Marceau se rapproche d'eux et essaye de découvrir ce qui empêche ses amis de pratiquer avec lui la poignée de main du salut du matin. Ses yeux gris s'habituent à la pénombre et découvrent au milieu d'un cercle de filles la plus belle vision qu'il n'aie jamais eu. Elle se tient debout dans une robe rose à carreaux , ses cheveux châtains encerclent son visage de boucles légères et son sourire est généreux, illuminé par deux prunelles noisettes dorées. Elle parle avec un accent du sud très repérable ..... Marceau est tétanisé et d'un seul coup il a peur. Une peur dont il ne connait pas le fondement mais son ventre se noue, ses mains deviennent moites, il tremble il pressent que plus jamais sa vie ne sera comme avant. Mais il lui est à présent impossible d'avancer. Il recule même et se terre derrière le tilleul au centre de la cour. Sa mémoire grave cet instant à jamais dans son esprit.

Le Land cruiser quitte l'autoroute et rejoint la départementale D43 en direction de Cosnes et Romain. Le lecteur cd déverse du country : Alisson Krauss : Son CD , sa chanteuse préférée.

15 décembre 1980. Il neige à gros flocons. Dans la cour de récrée , les élèves sont hystériques. C'est bientôt les vacances . Marceau doit partir chez ses grands parents à Paris. Avant cela , il s'est promis de Lui dire . Mais à 7 ans c'est pas facile de déclamer son amour. Il ne peut que réciter dans sa tête la phrase qu'il s'est défié de dire à Angèle : "tu es mon amour pour toujours" puis il va l'embrasser sur la bouche. Son coeur bat à tout rompre. Caché derrière le tilleul, il l'observe. Elle remet son écharpe et ses gants en place car elle revient des toilettes. Elle est seule et encore sous le préau. Ses pommettes roses font ressortir ses prunelles. Il se décide. Il fonce, dérape à moitié et se retrouve planté devant Elle. Ses yeux ne la quitte plus , elle est surprise, il essaye de sourire, se tort les mains dans le dos et se lance...devant toute la cours il embrasse sur la bouche la nouvelle!puis redevenu soudain très calme il s'écarte et la fixe à nouveau. Ses yeux brillent, ses lèvres sont humides, mais elle sourit et fait demi tour. Alors il crie et saute de joie et se fout du regard des autres.....

Il rentre la voiture dans le garage. Coupe le contact, et reste rivé au volant.